2020 ressemble déjà beaucoup à 2019

Notre vue de Guangzhou
Je suis désolé mais le premier post de l'année ne va pas être super joyeux, je suis vraiment déprimé ce matin. N'oubliez pas que vous pouvez toujours voir notre instagram arthusandnico pour voir nos stories plus gaies

Je n'ai jamais été fan de fins d'années, éternel pessimiste / dépressif, je ne pense qu'à tout ce que j'ai encore raté dans l'année. Pour 2019 c'est simple, je n'étais pas là à la mort de ma grand-mère, toujours coincé en Chine à gérer un atelier / une marque qui n'avancent jamais assez vite à mon goût (Nico lui dira que c'est déjà très bien). Pour les fêtes nous sommes restés seuls, loin de notre famille et ça joue beaucoup sur notre moral. Depuis l'adolescence j'ai peur que ce soit le dernier réveillon pour mes grand-parents, maintenant ça se transforme en dernier pour mon grand-père, mon oncle, mon père (toujours peur qu'on lui diagnostique un cancer comme il est fumeur).... D'autant que je m'en souvienne je n'aime pas les fins, les fins d'une série TV (je préfère ne même pas regarder les derniers épisodes), les fins d'année mais toutes les fins de période en général. Je me sens toujours un peu perdu dans ces moments, pas prêt à affronter une nouvelle ère. Dans le travail ça se concrétise aussi : à la fin des soldes je ne sais plus trop quoi faire, il me faut toujours du temps pour digérer le fait qu'il faut entamer une nouvelle période.

Un de mes autres problèmes est que j'ai toujours besoin de trouver un coupable et là il est tout trouvé : c'est la Chine ! Comme on est bloqués ici, c'est bien sûr le coupable idéal. Bien entendu ce n'est pas le pays ou le peuple, c'est plutôt ce qu'on y fait et surtout ce qu'on n'arrive pas à y faire, c'est le temps qu'on y passe, qu'on y gâche. C'est facile pour moi de transférer ma tristesse en rejet et vous allez voir que mes arguments sont toujours imparables : je suis sans cesse malade où ? En Chine ! Où étais-je quand j'ai perdu ma grand-mère ? En Chine ! Depuis quand voyage-t'on moins ? Depuis que nous sommes en Chine ! Et la liste pourrait continuer encore et encore dans ma tête au fonctionnement un rien éraillé. C'est pour cela que j'ai des périodes de total rejet envers la Chine (en même temps le service des visas me le rend bien), et au moment où j'écris ces mots vous aurez compris que j'ai dû mal à embrasser la culture chinoise. Enfin, je prendrais bien un thé quand même ! Cela va faire un an que j'ai perdu ma grand-mère et pourquoi je n'étais pas là avec elle ? Parce qu'on a fait le choix d'être en Chine à superviser la production à temps plein, même si on ne peut pas dire qu'on ait beaucoup progressé. Bien sûr c'est encore mon esprit pessimiste qui parle.  Quand on voit que les échantillons n'arrivent pas, qu'il faut reprendre toute une production parce que quand on l'essaie (pendant les fêtes justement) elle s'avère mal taillée (heureusement qu'on essaie tout), je me demande : MAIS POURQUOI ? C'est vraiment pour ça que je n'ai pas été là, que je n'ai pas été avec ma famille encore pour les fêtes ? J'ai l'impression que cet atelier aspire notre joie, nos rêves, notre temps, notre santé. 
Pourtant, rien qu'en écrivant ces mots (ah la thérapie de l'écriture!) je réalise que ce n'est pas totalement le cas, si malgré toutes ces larmes on y arrive enfin, ce sera grâce à cet atelier de malheur et à cette décision qu'on a faite il y a trois ans de se lancer à temps plein dans cet enfer.

A suivre...

1 commentaire

Unknown a dit…

Ooh.... really sorry about that.
C'est touchant de lire cette page de journal intime... je n'ai hélas pas les moyens de m'offrir vos produits, mais... je vous suis un peu de loin sur internet. C'est quand même courageux.
Courage, bisous très gay d'un jeune français !

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