Fusillade mortelle dans un centre gay de Tel-Aviv

Un inconnu a ouvert le feu à l'arme automatique dans le sous-sol de l'association, qui abritait la réunion de soutien hebdomadaire d'un groupe d'adolescents.
Un inconnu a ouvert le feu à l'arme automatique dans le sous-sol de l'association, qui abritait la réunion de soutien hebdomadaire d'un groupe d'adolescents. Crédits photo : AFP

Un inconnu a ouvert le feu samedi soir dans le sous-sol d'une association homosexuelle fréquentée par des adolescents, tuant deux personnes et en blessant quinze, avant de prendre la fuite. Les organisations gays dénoncent un crime homophobe.

La communauté homosexuelle est sous le choc en Israël après la fusillade mortelle qui a ciblé samedi soir une association gay et lesbienne de Tel-Aviv. Un inconnu a ouvert le feu à l'arme automatique dans le sous-sol de l'association, qui abritait la réunion de soutien hebdomadaire d'un groupe d'adolescents. Un jeune homme de 24 ans et une jeune femme de 17 ans ont été tués sur le coup. Quinze autres participants ont été blessés dont deux grièvement, précise le site du journal israélien Haaretz. Le tireur a pris la fuite à pied, immédiatement après l'attaque. La police le recherche activement et fait du porte-à-porte auprès des habitants de Tel-Aviv

« Il était 22h40 lorsque quelqu'un, habillé en noir et le visage dissimulé par un masque de ski, est entré dans le sous sol. Au début j'ai pensé à une plaisanterie mais il a immédiatement tiré. Personne n'a crié. On s'est jeté sous les lits et les tables . La salle était petite, hormis la terrasse, on ne peut se cacher nulle part », confiait un des adolescents blessés au Haaretz. « Je suis horrifié de penser que mes parents vont découvrir mon homosexualité à cause de cette attaque », regrette le jeune homme de 16 ans touché au genou et à la poitrine. « Le centre était très convivial, on discutait et on écoutait de la musique ».

Des représentants de la communauté homosexuelle se sont déclarés convaincus qu'il s'agissait d'une attaque homophobe, rappelant que dans le passé des croix gammées avaient été peintes à l'entrée du centre. La police israélienne a confirmé que ce club, situé à l'angle des rues Ahad Haam et Nachmani, en plein cœur de la ville, n'avait pas été attaqué par des terroristes. «Nous n'en sommes qu'au premier stade de l'enquête, le centre n'avait pas reçu récemment de menaces», a affirmé le chef de la police de Tel Aviv, le commandant Shahar Ayalon. Voulant éviter tout autre bain de sang, l'officier a décidé la fermeture samedi soir d'un des bars homosexuels voisins et demandé à tous ces établissements de se montrer particulièrement vigilants.

Le rôle des milieux religieux pointés du doigt

Les manifestants ont aussi accusé le parti séfarade orthodoxe Shas d'inciter par ces déclarations à la haine contre les gays.
Les manifestants ont aussi accusé le parti séfarade orthodoxe Shas d'inciter par ces déclarations à la haine contre les gays. Crédits photo : AFP

Dans la nuit, des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Tel Aviv pour dénoncer cette attaque. Les manifestants ont aussi accusé le parti séfarade orthodoxe Shas d'inciter par ces déclarations à la haine contre les gays. Le député israélien Nitzan Horowitz, seul homosexuel déclaré à la Knesset, a jugé qu'il s'agissait «sans aucun doute de la plus grave attaque jamais subie par la communauté homosexuelle israélienne ». « Toutefois, notre communauté ne se laissera pas effrayée, elle affrontera la tête haute et avec fierté tous ceux qui la menacent, à la guerre nous répliquerons par la guerre», a-t-il promis.

«Dans nos pires cauchemars nous n'aurions imaginé que la haine contre notre communauté qui ne fait de mal à personne aille si loin», a renchéri le président de l'association nationale des gays et des lesbiennes en Israël, Mike Hamel. «Pas étonnant qu'un crime pareil puisse être commis, compte tenu de l'incitation à la haine contre la communauté homosexuelle», a commenté de son côté le président de la communauté gay à Tel Aviv, Maï Pelem, une allusion aux dénonciations virulentes de l'homosexualité par les milieux religieux.

En 2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la Gay Pride. Il avait par la suite été condamné à 12 ans de prison. Malgré l'hostilité que l'homosexualité, surtout masculine, suscite dans les cercles religieux en Israël - qui la considèrent comme une «abomination» -, elle n'est plus passible de sanctions pénales depuis 1988 et certains droits des couples gays ou lesbiens sont depuis lors reconnus par les tribunaux.


Source : lefigaro.fr

1 commentaire

Anonyme a dit…

déprimant...

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